Saturday, August 9, 2014

La réforme de l'éducation de nouveau sur la table. Petit retour en 1982.

Depuis la réforme Bernard de 1982 avortée, nombreux sont les locataires du MENFP (MENJS avant) qui ont voulu reprendre les différentes étapes de la démarche de cette dernière dont l'objectif était de faire passer notre pays d'un système éducatif rétrograde, perpétuant les inégalités sociales à un système plus adéquat capable de placer l'haïtien dans son milieu.

Cette réforme introduisait les cycles fondamentales, posait les bases du nouveau secondaire, prévoyait le développement de l'option d'enseignement professionnel et pronait le creole comme langue d'enseignement. Elle créait aussi l'examen officiel de la fin du cycle fondamental (9e) et prévoyait la disparition de l'examen officiel du bacc1.

Le pourquoi de l'échec de sa mise en oeuvre entre 1982 et 1990 peut etre lié en grande partie à l'instabilité politique. Cependant d'autres facteurs liés à la structure même du système peuvent être mis en cause.

1. Alors que plus 80% des écoles de notre système éducatif étaient des écoles non publics, il était difficile de faire appliquer les changements de cette réforme à tous les établissements. Rappelons que depuis la signature du Concordat de 1860 qui amena dans notre système les écoles congréganistes (St Louis, St Martial, Ste Rose, etc.), ces écoles y ont acquis une grande importance. Elles étaient alors les écoles de l'élite et étaient réticentes aux idées de la réforme d'alors.

2.  En pronant le créole comme langue d'enseignement, les partisans et instigateurs de la réforme s'étaient mis à dos une grande partie de la population. La classe dominante d'une part refusait de céder la place du Français privilegié au Créole "de masse". Ils n'étaient pas question que les fils de nos grandes familles perdent la pratique du français. Pour les classes moyenne et populaire d'autre part cette idée n'etait pas bienvenue non plus. Il n'était pas question que les fils du peuples ne sachent pas "parler francais".

La réforme de 1982 à eu d'autres successeurs quelques Plans nationaux de l'education qui reprenaient ces idées.

Voilà, j'ai cru important de faire ce petit survol sur la réforme de 1982. Avec ces nouvelles 12 mesures du ministre Manigat en 2014 et le nouveau contexte socio-économique peut on rêussir là où nos prédécesseurs ont échoué?  A vous!.

Bon...euh...on en fait un article plus sérieux pour les journaux? :-)

Consultez:
a. Politiques educatives et inegalités des chances scolaires en Haiti. Pierre Enocque FRANÇOIS. 2010

b. Système éducatif et inegalités sociales.Cas des écoles catholiques. Louis Auguste JOINT. 2006.

Lisez cet article du Nouvelliste.
http://m.lenouvelliste.com/lenouvelliste/article/134312/Les-12-mesures-de-Manigat.html

5 comments:

  1. Bien dit! Et j'attend tjrs 1 systeme educatif a jour et numerique.

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  2. Merci Souffrant, joli survol :-). Personnellement, je supportais l'utilisation du Créole à 100%. Pour une fois qu'une solution était proposée. Officieusement le système éducatif haitien est bel et bien "créole". Cette réforme aurait au moins accordé à plusieurs institutions un statut digne, les liberant ainsi de la clandestinité. École "privilégiée" ou pas, nous avons tous appris le Francais à grand coup de grammaire, une méthode parfaitement inefficace. Certains s'en sont quand même sortis, mais il faut sérieusement accorder une pensée constructive à l'encontre de ce mode d'apprenssitage qui ne fait que mystifier la grande majorité de nos élèves.

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